Éducation

« Nous n’ou­vrons que le matin, l’a­près-midi nous conti­nuons le tra­vail en dis­tan­ciel. Beau­coup de nos élèves ont de grosses dif­fi­cul­tés de connexion, et les familles sont contentes du retour à l’é­cole. Nous aus­si, tout en res­tant très pru­dentes. »

Reprise le 14 mai selon la déci­sion du rec­teur de Bour­gogne Franche Com­té, région rouge, après une semaine de pré­pa­ra­tifs dans l’é­cole. Nous avons le néces­saire sur le plan sani­taire (masques, gel, dés­in­fec­tant …) Nous accueillons tous les enfants volon­taires à l’ex­cep­tion des PS que nous jugeons trop jeunes pour main­te­nir la dis­tan­cia­tion., soit 21 élèves sur 75. La classe la plus char­gée est celle des CM qui accueille 10 élèves, le maxi­mum pour nos locaux.

Cha­cun a son petit vélo éti­que­té pour rou­ler dans la cour, on tra­vaille bien en petit groupe, on fait des pauses détente …

Nous n’ou­vrons que le matin, ensuite la mai­rie assure can­tine et gar­de­rie. L’a­près-midi nous conti­nuons le tra­vail en dis­tan­ciel. Beau­coup de nos élèves ont de grosses dif­fi­cul­tés de connexion, et les familles sont contentes du retour à l’é­cole. Nous aus­si, tout en res­tant très pru­dentes.

C’est utile, cette reprise, sur­tout pour les cycles 2. Un de mes élèves de CP n’a rien fait depuis le début du confi­ne­ment, il a qua­si­ment désap­pris à lire. Et comme je sais qu’à la ren­trée pro­chaine on fera comme si de rien n’a­vait été, on nous refu­se­ra des main­tiens pour­tant indis­pen­sables, et on nous deman­de­ra de pal­lier les lacunes des décro­cheurs en “indi­vi­dua­li­sant” sans temps, sans moyens et sans RASED, ce qui est très dur en classe mul­ti-niveaux, donc oui, au risque de cho­quer, je suis contente de pou­voir rat­tra­per un peu. En res­pec­tant les gestes bar­rières mais en rigo­lant avec mes élèves, comme avant.

Par V. Pro­fes­seur des écoles en école pri­maire – Région Grand Est

« Une cer­taine peur chez des col­lègues pour­tant aguer­ris, com­ment tra­vailler dans ces condi­tions ? Que faire ? Com­ment conci­lier la pré­sence le jour avec la néces­si­té de conti­nuer à dis­tance pour les autres ? »

Pas encore de reprise en vrai, mais beau­coup de mails, de cir­cu­laires, de plans pour le 2 juin, “au cas où. Beau­coup de bonne volon­té de la part de la direc­tion, voire du rec­to­rat, qui font ce qu’ils peuvent. Mais rien n’est pré­vu dans les struc­tures, rien n’est adap­té.

Une cer­taine peur chez des col­lègues pour­tant aguer­ris, com­ment tra­vailler dans ces condi­tions ? Que faire ? Com­ment conci­lier la pré­sence le jour avec la néces­si­té de conti­nuer à dis­tance pour les autres ?

Les élèves qui nous contactent sont ceux qui ont le moins besoin d’en­sei­gnants, les autres ont dis­pa­ru depuis un moment…

Impres­sion d’une ges­tion chao­tique “en haut”, avec épui­se­ment des bonnes volon­tés “en bas”.

Par F. pro­fes­seur de lycée – Région Grand Est

« La ville a com­man­dé des lin­gettes dés­in­fec­tantes conformes mais on ne sait pas quand elles arrivent parce que tout le pays en a com­man­dé. Les écoles rouvrent demain quand même… »

Ma com­pagne est ins­ti­tu­trice. Demain, elle reprend. Per­sonne n’a pré­vu de masques pour les AVS. C’est la débrouille.

La ville a com­man­dé des lin­gettes dés­in­fec­tantes conformes mais on ne sait pas quand elles arrivent parce que tout le pays en a com­man­dé. Les écoles rouvrent demain quand même…

Par A. Sala­rié – Région Centre

Aujourd’­hui je suis allé dans 3 écoles, cha­cun se débrouille un peu comme il peut. Ils n’ont pas encore reçu ni les masques ni les gels…

Aujourd’­hui je suis allé dans 3 écoles, cha­cun se débrouille un peu comme il peut. Ils n’ont pas encore reçu ni les masques ni les gels… La for­ma­tion sur les gestes bar­rières se résume à une vidéo You­Tube…

Beau­coup d’in­ter­ro­ga­tions sur ce que vont réel­le­ment pou­voir faire les élèves en classe sans mani­pu­la­tion du maté­riel… 1/3 des élèves envi­ron sont reve­nu et ce ne sont pas for­cé­ment ceux “en décro­chage”.

Par P. pro­fes­seur des écoles – Région Rhône-Alpes

« Jour de « pré ren­trée ». J’ai peur. 30 ans de métier. La mala­die peu importe, j’ai jamais été sui­vi par une quel­conque méde­cine du tra­vail … j’en suis là. »

Jour de « pré ren­trée ». J’ai peur. 30 ans de métier. La mala­die peu importe, j’ai jamais été sui­vi par une quel­conque méde­cine du tra­vail … j’en suis là.

On me demande de par­quer mes élèves… de suivre des lignes comme dans les mau­vaises séries. Apprendre à mes élèves à suivre des lignes, à « véné­rer » la bonne parole de l’institution, ils seront prêts pour leur vie d’adulte… Docile. De bon citoyens qu’on nous demande de for­ma­ter.

Gar­dez vos gosses ! Je vous enver­rai le tra­vail, vous l’apporterai. Je pleure sur ma lâche­té, je suis fonc­tion­naire et le ministre l’a dit… je dois me taire.

Par L. Ins­ti­tu­teur – Région Île De France 

« Un manque criant de per­son­nels et de pré­pa­ra­tion et sur­tout beau­coup d’an­xié­té et d’in­quié­tudes »

Un manque criant de per­son­nels et de pré­pa­ra­tion : pas de direc­tion, manque d’a­gents pour le net­toyage, pas assez d’At­sems en mater­nelle ; les équipes qui doivent démé­na­ger elles-mêmes les meubles, réa­li­ser des mar­quages au sol, alors que ce n’est vrai­ment pas leur métier !

Les direc­tions qui doivent cher­cher des masques, de qua­li­té variable d’une école à l’autre, dans les bureaux des cir­cons­crip­tions ; et sur­tout beau­coup d’an­xié­té et d’in­quié­tudes : “com­ment appli­quer ce pro­to­cole sani­taire à la fois inap­pli­cable et insuf­fi­sant ?”

Par F. Pro­fes­seur des écoles, syn­di­ca­liste – Région Île de France

« Les col­lec­ti­vi­tés locales se livrent à une guerre de course pour trou­ver des masques, il n’y a pas d’ac­tion coor­don­née. Au final, les tra­vailleurs devront se débrouiller… »

Dans mon col­lège le dépar­te­ment du Nord va four­nir 50 masques aux agents de ser­vices qui s’oc­cupent de la can­tine, du net­toyage, de l’en­tre­tien de l’é­ta­blis­se­ment. Cela repré­sente une pro­tec­tion pour 2 jours de tra­vail maxi­mum ! Et après ? Les col­lec­ti­vi­tés locales se livrent à une guerre de course pour trou­ver des masques, il n’y a pas d’ac­tion coor­don­née. Au final, les tra­vailleurs devront se débrouiller…

Par J. Ensei­gnant – Région Haut-de-France

« À l’é­cole pri­maire d’Is­sou, masques obli­ga­toires mais gros manque de pla­ni­fi­ca­tion visible. Les semaines qui viennent s’an­noncent dif­fi­cile si cette lan­cée conti­nue. Rou­vrir les écoles était une erreur. »

À l’é­cole pri­maire d’Is­sou, masques obli­ga­toires mais gros manque de pla­ni­fi­ca­tion vrai­ment visible. Les semaines qui viennent s’an­noncent dif­fi­cile si cette lan­cée conti­nue. Rou­vrir les écoles était une erreur.

Ce matin arri­vée dans l’é­cole pour pré­pa­rer la ren­trée pré­vue semaine pro­chaine. Pro­to­cole sani­taire non res­pec­té : masques chi­rur­gi­caux basiques, pas de gel hydro-alcoo­lique… Locaux non net­toyés.… Bref rien n’est prêt pour un futur accueil et on risque tout dans des locaux qui ne sont pas adap­tés pour res­pec­ter le pro­to­cole sani­taire…

Par M. Ensei­gnante – Région Île-de-France

« Volon­taire pour l’ac­cueil d’en­fants de soi­gnants en classe au début du confi­ne­ment, je suis tom­bé malade du Covid. Je suis donc très éton­né que le ministre de l’é­du­ca­tion natio­nale com­mu­nique sur le fait qu’au­cun ensei­gnant ne soit tom­bé malade »

J’ai été volon­taire pour l’ac­cueil d’en­fants de soi­gnants en classe au début du confi­ne­ment. Quelques jours après une jour­née avec les enfants, je suis tom­bé malade du Covid. J’en ai donc infor­mé ma hié­rar­chie. La secré­taire m’a répon­du que je ne devais infor­mer per­sonne, qu’ils se char­geaient de tout, un pro­to­cole étant mis en place.

Je suis donc très éton­né que le ministre de l’é­du­ca­tion natio­nale com­mu­nique sur le fait qu’au­cun ensei­gnant ne soit tom­bé malade avec l’ac­cueil des enfants de soi­gnants…

Par T. Ensei­gnant – Région Nor­man­die